Alors, après avoir vu ces animaux, parlons un peu de nous. Quelques anecdotes et autres aventures:
Tout d'abord celle-ci, surtout pour placer la photo. Une expédition à travers la forêt sauvage canadienne, rondement menée avec notre expérience du trek vers le point de vue de Bella Coola. Petite marche avec Estelle et Marion dans les baby björns et Julie qui court devant (ou derrière), à sauter par-dessus les racines, rugir pour faire rire ses soeurs ou tremper ses mains dans les taches de neige qui restent dans la forêt. Et surtout, un pique-nique épique en deux équipes: Estelle et Marion allongée sur leur couverture avec Denis qui chasse les moustiques (pas d'anti brumm sur des bébés de sept mois), et Julie et Odile qui mangent des sandwiches en se défendant des attaques de geais du Canada qui en voulaient à leur casse-croûte (lire le premier paragraphe ici).

Après une telle randonnée, rien de tel qu'une fondue pour se requinquer. Ça tombe bien, on en avait justement la moitié-moitié de la Mig que Marianne nous avait amené en mars et qu'on avait gardée dans le congélateur du bus (sic). Par contre, le caquelon n'était pas fourni dans le kit de base du campeur et il a fallu improviser avec les moyens du bord. Les experts remarqueront la West Coast touch: en quinze mois, on s'est un peu intégrés.
Le lendemain, le long de la promenade des glaciers, on fait une pause pique-nique sans moustique et on regarde des cascades ou autre curiosité géologique.
On y croise aussi nombre de touristes venus en car, et force est de constater que pour certains d'entre eux, ce ne sont pas les chutes d'eau qui méritent la première photo. Et si Estelle adore jouer la starlette, Marion n'aime pas trop ces interventions. On la comprend, les commentaires bienveillants ou tentant d'être humoristiques des passants sont souvent soûlants.

Autre anecdote qui finit bien: après le tour en canoë sur le Lac Louise et avant la tentative ratée de Walliser Stube, on se promène en poussette sur le chemin carrossable qui longe la rive nord du lac. En chemin, Odile et Julie jouent à courir et s'arrêter pour rigoler. Denis, pendant ce temps, est en avant, pilote la poussette et prend des photos. La scène de jeu mère-fille promettait d'être photogénique: il se retourne donc pour immortaliser l'instant ...sans prendre la précaution sécuritaire élémentaire de mettre le frein au véhicule d'Estelle et Marion, qui commence à rouler tranquillement vers le lac. La scène en devient d'autant plus photogénique qu'elle illustre à merveille un autre aspect de l'instinct maternel.
Cela dit, la reconstitution des faits ci-dessous disculpe clairement le père photographe pousseur de poussette: le lac n'était pas si près, et une solide barrière de branchage prévenait les benjamines d'un plongeon dans la piscine.
Dernière histoire, avec moins de suspense que la précédente. Notre bus était bien entendu équipé de la télévision, avec une antenne, il fallait donc qu'on la teste au moins une fois. Le dernier soir, en milieu quasi urbain (Jasper) et avec un branchement électrique accompagné de quelques réglages, nous avons eu l'immense joie de tomber sur l'édition régionale de CBC News.
Comme cela n'avait rien de passionnant (un reportage sur l'été qui n'était pas là avec des enfants frigorifiés et dépités dans un water park), des connexions audacieuses ont permis de passer des vidéos inédites de Julie (oui, le père photographe-pousseur de poussette est aussi le monteur officiel, et n'a pas tellement avancé depuis juin 2009). L'actrice principale s'est alors transformée en spectatrice principale, un peu éberluée de se découvrir en plus jeune dans des scènes qu'elle ne se souvenait pas. Un grand moment familial, finalement.
Voilà, c'est tout pour cet épisode. A bientôt, pour du cambouis et des moteurs...