Alors tout d'abord, il faut rappeler que le but premier de cette croisière était cette conférence scientifique (pour ceux que ça intéresse, j'ai les proceedings) dont je vous invite à aller voir le site web. Ce qui veut dire qu'une partie d'entre nous devait suivre des présentations plus ou moins intéressantes tous les matins, et parfois même aussi l'après-midi (un scandale).
Le reste du temps (et tout le temps pour les autres), les occupations ne manquaient pas sur le bateau: du simple jogging sur le pont (exclusivement au 12e, sans sortir des lignes et en respectant le sens, s'il vous plaît - Julie a failli se faire expulser du bateau pour le moment de liberté ci-dessus) au spa, en passant par les cours d'informatique, le shopping (avec même des moments de soldes-ventes flash, pire qu'à Manor) ou des ventes de tableaux aux enchères, il y avait largement de quoi bien occuper des retraités américains à moustache quand il n'y a rien d'autre à faire que de regarder la vue (ou la télé satellite depuis sa cabine).
Et il y en avait, du monde à occuper: dans notre petit bateau (14 ponts), on était 1800 passagers pour 900 membres d'équipages (une soixantaine pour le faire avancer - presque tous des grecs, et le reste pour nous nourrir, nettoyer et nous amuser).
Ca pour être nourri, on l'était. Il y avait toujours de quoi manger, c'est varié, gratuit (enfin, pas besoin de rajouter de l'argent) et même bon. Sauf les sushis (17h-21h au Palm Springs Café), mais sur la photo on ne le savait pas encore. Et le soir, menu à cinq plat avec tout le décorum qu'il faut, surtout les formal nights où tout le monde sort son tuxedo le plus classe (possibilité d'en louer à bord), ou sa plus belle robe.
Ca fait un peu ridicule, surtout quand on tombe sur le même obèse qu'on a croisé l'après-midi avec un t-shirt marqué Real men eat beavers (pour la traduction, voir le deuxième sens).
Mmh, encore un petit peu de glace?
Magnifique transition pour passer à l'un des highlights du voyage: le Hubbard Glacier (glacier Hubbard en français), qui présente les particularités de se jeter dans la mer, d'être énorme (10 km de large à la fin) et de se trouver sur la route des bateaux de croisières.
Comme l'a dit en substance le capitaine (avec son accent grec et son haleine d'ouzo): "C'est un moment exceptionnel, grâce aux conditions météo (pas de vent, tôt dans la saison et la journée), nous avons pu aller plus près du glacier qu'aucun autre bateau cette saison et ça sera probablement le record de l'année".
On a alors immortalisé ce moment historique avec nous devant. (Détail amusant: les parents de Greg-de-Seattle ont aussi fait une croisière en Alaska et ont aussi vécu un record de distance d'approche. Quelle coïncidence!).
Cela dit, cela reste impressionnant à regarder, surtout avec le bas plafond nuageux et les icebergs qui flottent autour (certains avec des phoques dessus). L'équipage a même sorti une chaloupe pour aller filmer le bateau depuis l'extérieur dans ce moment historique (DVD à vendre à 35$) et ramener un bout de glace "vieux de plusieurs centaines d'années". L'occasion d'aller se faire prendre en photo à côté avec un joli paysage naturel.
Il faut dire que la photo est seulement 19.95$, le même prix que celle prise à l'embarquement, aux formal nights, à chaque escales et à chaque occasion ou quelqu'un pourrait se dire "Tiens, et si j'achetais cette photo?". Des photographes professionnels proposent systématiquement de poser devant un faux paysage ou à côté de la mascotte locale. Mais les soirs de "formal night", histoire de rentabiliser les belles tenues de soirée, il y a la queue pour poser devant le faux soleil couchant. Il paraît qu'il y en a même certains qui se sont laissés convaincre...
Un autre moyen de faire dépenser des sous à la clientèle captive que nous représentons sont les excursions lors des escales. On peut tout faire: aller voir des baleines, chercher de l'or, de la tyrolienne dans les arbres, un tour en hydravion, chatouiller les phoques en kayak, du chien de traîneau, etc. On s'inscrit directement depuis sa cabine et le montant (2-3 fois le prix d'un truc équivalent un peu plus loin) est directement débité de notre Visa, sans que l'on n'ait rien à faire. Comme pour tout ce qu'on dépense sur le bateau: pratique et hyper dangereux...
Juneau, capitale de l'Alaska où n'a même pas vu Sarah Palin
(ni sa fille, ni son petit-fils, d'ailleurs)
Et que fait-on aux escales quand on ne fait pas d'excursion? Du shopping, bien sûr, selon la liste des magasins qu'on nous a distribuée (les mauvaises langues disent que les magasins appartiennent aux compagnies de croisière, ça m'étonnerait). Ou alors une petite balade dans la ville et les environs, parfois aidé comme ci-dessus à Juneau par un téléphérique (construit par Poma à Voreppe vers Grenoble). Cela dit, les croisières c'est un peu tout ce qui leur reste: les fourrures, l'or puis les arbres et les papeteries (celles où on transforme les arbres en papier, pas celles où on vend les enveloppes), "ça eût payé", comme on dit. Alors on se tourne vers le tourisme, et l'essentiel de l'économie tourne avec les bateaux qui s'arrêtent (jusqu'à dix par jour).
Allez, encore un petit mot sur Milosh, le naturaliste du bord qui nous avertissait quand on croisait des baleines. Il avait fière allure avec sa barbe, ses chaussures de montagnes, son chapeau, sa polaire, ses jumelles et son GPS dans le salon à l'avant du bateau. Il ne lui manquait plus que la machette au cas où devrait traverser les plantes pour rejoindre le bar. N'empêche que grâce à lui on a vu des orques, des baleines à bosses, des marsouins et plein d'autres trucs vivants.
Bon, on termine sur une photo d'aigle (what else?) pour ajouter que c'était bien sympa avec toute l'équipe de l'EPFL et leurs copines avant, pendant et après la croisière, et que ça nous avait très plaisir de les voir.
PS: celle-là, j'ai pas réussi à la placer, mais il faut souligner que personne n'a vraiment été malade sur le bateau, sauf Mario. Les mauvaises langues disent que ce n'était pas vraiment le mal de mer...
